COMMUNIQUE DE PRESSE
Adoption internationale : répondre aux besoins des enfants et renforcer le cadre
La Fédération Wallonie-Bruxelles fait évoluer le cadre de l’adoption internationale extrafamiliale. La réforme ne met pas fin à l’adoption internationale : elle vise à la maintenir lorsque les garanties sont suffisantes, en repartant du besoin de l’enfant et en renforçant la sécurité juridique des procédures.
La Ministre de l’Aide à la Jeunesse, Valérie Lescrenier, a présenté ce jeudi l’évolution du cadre de l’adoption internationale extrafamiliale en Fédération Wallonie-Bruxelles aux candidats adoptants et aux organismes agréés d’adoption internationale.
Cette évolution poursuit une double ambition. D’abord, repartir du besoin de l’enfant qui doit pouvoir grandir dans une famille. Ensuite, renforcer la sécurité juridique des procédures pour éviter que des adoptions ne se construisent sur des bases insuffisamment vérifiées.
« L’adoption internationale engage toute une vie. Elle doit d’abord répondre à la situation d’un enfant qui a besoin d’une famille, lorsque toutes les solutions dans son pays d’origine ont été examinées. Notre responsabilité est de garantir que chaque procédure se déroule dans un cadre suffisamment sûr, clair et respectueux de l’histoire de chacun » - Valérie Lescrenier.
Une adoption internationale qui a profondément changé
L’adoption internationale a fortement évolué ces dernières années. En Fédération Wallonie-Bruxelles, le nombre d’adoptions internationales extrafamiliales est passé de 121 en 2012 à 31 en 2022, puis à 15 en 2025.
Cette baisse s’explique notamment par l’amélioration progressive des systèmes de protection de l’enfance dans les pays d’origine. Il s’agit d’une évolution positive ; davantage d’enfants peuvent aujourd’hui trouver une solution dans leur pays, auprès de leur famille élargie, de leur communauté ou de dispositifs locaux de protection.
Dans le même temps, les enfants encore proposés à l’adoption internationale présentent plus souvent des besoins spécifiques : particularités de santé, histoires de vie lourdes ou situations stigmatisantes. Ces réalités nécessitent une préparation plus poussée des candidats adoptants et un accompagnement plus spécialisé.
Remettre l’enfant au centre
L’adoption internationale est avant tout une mesure de protection de l’enfant. Elle ne peut intervenir qu’en dernier recours, lorsque les autorités du pays d’origine ont établi qu’aucune solution adaptée ne pouvait être trouvée dans la famille, la famille élargie, la communauté ou via une adoption dans le pays de l’enfant.
Cette règle de double subsidiarité est centrale, elle implique qu’avant d’envisager une adoption internationale, le pays d’origine doit d’abord rechercher une solution pour l’enfant sur son propre territoire.
La réforme vise donc à faire évoluer la logique actuelle pour partir davantage des profils et besoins des enfants pour lesquels une adoption internationale pourrait constituer une réponse adaptée, et non prioritairement de la demande des candidats adoptants.
Mieux sécuriser les procédures
Plusieurs scandales récents d’adoptions illégales ou irrégulières, en Belgique comme à l’étranger, ont rappelé la nécessité de renforcer les garanties autour de l’adoptabilité des enfants, du consentement des familles d’origine, de la sécurité juridique des procédures et du respect de l’histoire de chacun.
La Fédération Wallonie-Bruxelles met donc en place une politique d’évaluation continue réalisée par un organisme indépendant reconnu, appropriée et proportionnée de ses collaborations internationales.
L’approche retenue n’est pas celle d’un arrêt généralisé de l’adoption internationale. Il s’agit d’une analyse pays par pays, collaboration par collaboration, sur la base des évaluations disponibles et des garanties propres à chaque situation.
Trois niveaux de vigilance pour les pays partenaires
Les pays partenaires sont désormais classés selon trois niveaux de vigilance.
Les pays en code vert sont ceux pour lesquels l’évaluation est favorable. Les nouvelles demandes peuvent être acceptées et les procédures en cours se poursuivent normalement. Sont concernés : l’Afrique du Sud, la Bulgarie, la Colombie, le Pérou, les Philippines et la Roumanie, cette dernière étant en voie d’extinction.
Les pays en code orange sont ceux pour lesquels une évaluation est en cours ou doit être réalisée. Aucune nouvelle demande n’est acceptée dans l’attente du résultat, mais les procédures déjà en cours peuvent se poursuivre avec une vigilance renforcée. Sont concernés : la Côte d’Ivoire, Madagascar, la République dominicaine et la Thaïlande.
Les pays en code rouge sont ceux pour lesquels l’évaluation est négative ou ceux dont la situation ne permet plus de garantir des procédures suffisamment sécurisées. Les nouvelles demandes sont refusées et les procédures en cours sont arrêtées. Sont concernés : l’Inde, le Maroc, le Niger, Haïti et le Burkina Faso.
« Derrière chaque dossier, il y a des parcours de vie, des attentes, des espoirs et parfois des années de démarches. Je mesure pleinement ce que cette décision peut représenter pour les candidats concernés. Mais notre responsabilité est avant tout d’éviter que des situations fragiles ou insuffisamment vérifiées ne créent, demain, des blessures encore plus lourdes » - Valérie Lescrenier.
Un accompagnement pour les candidats
Les candidats adoptants concernés par les pays placés en code orange ou rouge seront informés lors de sessions spécifiques. Lorsqu’un apparentement formel a déjà eu lieu, la procédure peut se poursuivre avec une vigilance accrue.
Un soutien psychologique pourra être proposé aux candidats qui le souhaitent, en particulier lorsque leur projet d’adoption internationale est directement impacté.
De manière plus générale, la démarche vise aussi à progressivement globaliser les formes d’engagement auprès d’enfants en difficulté à des séances d’informations plus larges d’emblée (adoption, accueil familial, parrainage, …)
Un paysage institutionnel adapté aux nouvelles réalités
La réforme prévoit également la fusion des trois organismes agréés d’adoption internationale en un seul organisme, en concertation avec les services concernés. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de diminution du nombre d’adoptions internationales, de baisse du nombre de collaborations effectives, de complexification des dossiers et de besoins accrus en matière de suivi post-adoptif.